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Microsoft tire à boulets rouges sur la suite bureautique Google Apps
L'éditeur de Redmond semble irrité par la distribution prochaine de la suite bureautique de Google par Capgemini. Dans un e-mail, il met en doute la viabilité des logiciels et du modèle, estimant qu’ils ne répondent pas aux besoins des entreprises.

 

Il n'aura fallu que quelques heures à Microsoft pour réagir au partenariat annoncé entre Google et Capgemini, qui va permettre au spécialiste de l'infogérance de proposer à ses clients la suite bureautique en ligne Google Apps Premier Edition.

Dans un message de réponse, la firme de Redmond s'interroge en plusieurs points sur la pertinence en entreprise de la suite, concurrente de Microsoft Office. Elle espère ainsi pousser à la réflexion celles qui sont séduites par l'offre de Google.

« La concurrence est, à nos yeux, bénéfique pour les clients et l'industrie. Cela ayant été dit, les clients nous disent que nos solutions offrent aux entreprises la facilité d'emploi, la fiabilité et la sécurité qu'elles recherchent », commence l'auteur, avant de prendre un ton incisif.

Des produits en version bêta, « jamais finalisés »

« Les applications Google ne sont valables que pour une entreprise dont les utilisateurs sont connectés en permanence à l'internet et ne sont pas pointus en informatique, et qui n'a pas d'applications de bureautique créées sur mesure. Cette définition ne correspond-elle pas, finalement, qu'à un pourcentage infime de salariés des TIC aujourd'hui ? »

Le billet poursuit sur la pérennité de la suite. « Google Apps ne génère que 1 % des revenus de l'entreprise. Qu'adviendra-t-il si la suite ne connaît pas le succès ? Google l'arrêtera-t-elle puisque son chiffre d'affaires n'en serait pas affecté ? Quelle certitude les clients peuvent-ils avoir à ce sujet ? »

Le mode de lancement des applications agace également l'éditeur : « Google a l'habitude de sortir des produits non finalisés, en les étiquetant version bêta. » De fait, le moteur a opté pour un système d'améliorations apportées en continu discrètement, plutôt que celui de mises à jour annoncées officiellement par voie de presse. « Cette façon de faire ne correspond pas aux attentes des entreprises. Comme Google ne communique pas sur l'évolution des versions bêta et le lancement éventuel de fonctions spécifiques, les clients n'ont que très peu, voire pas de contrôle sur la disponibilité et le calendrier d'arrivée. »

Des critiques directes qui sont, selon l'analyste d'Ovum David Bradshaw, « une forme de compliment, puisque Google est considéré comme un rival sérieux ».

Quant aux allusions concernant des produits lancés en étant « non finalisés », l'analyste les qualifie de « pour le moins culottées ». Le modèle SaaS (Software as a Service) de logiciels fournis en ligne en tant que services, a fait ses preuves, souligne-t-il, déjà avec l'exemple de Salesforce.com.

« La plate-forme leur permet d'apporter des modifications en souplesse quand ils en ont besoin, dès qu'ils sont prêts. » poursuit-il. « Inutile d'attendre la fin de l'année ou un moment précis - cette façon de faire appartient au passé. D'un certain point de vue, le modèle SaaS permet l'amélioration continue. »

Reste que les appréciations critiques du message de Microsoft risquent de faire grincer des dents, y compris en interne. La firme de Redmond s'est, elle aussi, lancée sur le créneau du SaaS, rappelle David Bradshaw, avec son offre de collaboration en ligne, et peaufine une solution CRM sur le même registre.

Google s'est refusé à tout commentaire.

 

 
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