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Echec de la visiophonie mobile en France

Pourquoi la visiophonie sur mobile ne décolle pas en France? 

Analyse - Les Français boudent la visiophonie. Seuls 3% des possesseurs de mobile l’ont testée. Terminaux incompatibles, interconnexion limitée des réseaux et caractère intrusif, le service multiplie les handicaps. Seul SFR y croit encore.

La visiophonie sera-t-elle le plus gros flop de la courte histoire de la téléphonie mobile ? Présentée comme la principale application tirant avantage de la 3G, elle n'a toujours pas trouvé son public. Selon Capgemini, leader européen des services informatiques, seuls 3% des Français possédant un téléphone mobile ont utilisé un service de visiophonie en août dernier.

Aujourd'hui, chez SFR, un abonné 3G sur cinq l'exploite; pourtant l'opérateur mobile en a fait un axe fort de sa stratégie marketing depuis le lancement de son service visio en novembre 2004.

Ces chiffres ont été présentés lors du Forum des opérateurs 2006, qui s'est tenu du 28 au 30 novembre à Levallois-Perret. Malgré ce constat plutôt négatif, SFR ne désarme pas. «Il faut donner du temps à ce service pour qu'il soit adopté. En général quatre à cinq ans sont nécessaires pour qu'une technologie s'installe», y a déclaré Jean-Marc Tassetto, son directeur général marketing et grand public.

«Il faut que l'ensemble des opérateurs soient interconnectés», a-t-il poursuivi. L'un des freins de la visiophonie est que les deux correspondants doivent avoir un terminal compatible et qu'une passerelle existe sur le réseau. Aujourd'hui, les abonnés SFR peuvent ouvrir des sessions de visioconférence avec ceux d'Orange. Il n'en va pas de même des clients Bouygues Telecom, puisqu'il ne passera à la téléphonie de troisième génération qu'en 2007.

Mais Bouygues Telecom ne semble pas croire à la visiophonie. «Nous n'avons pas identifié de besoins dans ce domaine», a indiqué Emmanuel Forest, son directeur général adjoint.

Au-delà des problèmes d'interconnexion de réseaux et des terminaux incompatibles, la visiophonie ne plaît pas à cause de son «caractère intrusif», explique Pierre Fouques du Parc, vice-président de la division Telecom, Media & Entertainment de Capgemini. Les utilisateurs n'ont pas forcément envie d'être filmés pendant leur conversation.

Un échec international

L'échec de la visiophonie ne se limite pas à la France. «Nous n'observons pas d'engouement important pour cette technologie en Europe, comme dans le reste du monde», indique Vincent Poulbère, consultant chez Ovum. «Les Japonais l'on lancée et ça n'a pas marché», a pour sa part précisé Emmanuel Forest, de Bouygues Telecom.

Seule exception notable, l'Italie, où la visioconférence a été adoptée par 10% d'utilisateurs. «L'opérateur 3 a poussé à l'usage de ce service avec des offres de type: un portable 3G acheté, un autre portable 3G offert», poursuit Pierre Fouques du Parc. Mais au Royaume-Uni ou en Allemagne, les chiffres sont aussi faibles que sur le marché français avec respectivement 3% et 2% d'utilisateurs.

«D'une manière générale, les services remportant un succès en utilisation mobile sont ceux qui ont déjà connu un succès dans un usage sédentaire», explique l'analyste.

«C'est le cas de la TV sur mobile pour laquelle il y a une réelle demande. Même chose pour la voix, les jeux ou la musique. Les SMS, avec leur caractère non intrusif, demeurent la seule exception à cette règle. Or, la visiophonie n'a jamais connu de grand succès dans un usage sédentaire, même si techniquement elle est disponible sur le fixe depuis 20 ans.»

L'analyste explique que «la proportion d'utilisateurs de visiophonie mobile ne devrait pas dépasser le pourcentage actuel (20%) de la base de clients mobiles 3G.»

Pour Capgemini comme Ovum, le véritable succès de la 3G sera la TV sur mobile. «Elle est déjà regardée en mode sédentaire plus de deux heures par jour par les Français, et l'expérience utilisateur sera encore meilleure avec le déploiement du 3G+ (HSDPA, Ndlr)», conclut Pierre Fouques du Parc.

Même si la TNT sur mobile devrait faire son arrivée, le réseau 3G sera toujours utilisé pour la vidéo à la demande (VOD), estiment les analystes.

Source Christophe Guillemin ZDNet France

 

 
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