E-commerce les fraudes à la carte bancaire en légère hausse |
| Jeudi, 31 Mai 2007 12:21 | |||
|
En 2006, le nombre d'achats effectués via des cartes volées est reparti à la hausse. Néanmoins, le volume de fraude reste très bas et ne représente que 0,10 % du chiffre d'affaires du secteur e-commerce.
Après plusieurs années de baisse continue, les tentatives de fraude à la carte bancaire sur internet ont enregistré une légère hausse en 2006: elles correspondent à 2,19% du chiffre d'affaires d'un panel de 879 e-commerçants rassemblés par l'assureur Fia-Net. Soit une hausse de 29% par rapport à 2005. Selon les extrapolations de la société, ces tentatives portent sur 200 à 260 millions d'euros sur un marché dont les ventes ont atteint 11,9 milliards d'euros l'année dernière (chiffres Fevad). Le taux de fraudes avérées est lui aussi en augmentation - de 45% - mais il reste toujours très bas: ces transactions ne représentent que 0,10% du chiffre d'affaires des commerçants. Il s'agit essentiellement d'achats effectués avec des cartes bancaires volées, explique à ZDNet.fr David Botvinik, le directeur général de Fia-Net. Les banques se remboursent auprès des commerçants Lorsque la victime se rend compte de l'usurpation de ses données, elle demande à sa banque de la rembourser. Laquelle banque se tourne ensuite vers l'e-commerçant pour récupérer l'argent qu'il a touché de l'achat frauduleux. S'il n'est pas assuré, le marchand en est pour ses frais. Deux facteurs peuvent expliquer cette augmentation: tout d'abord, «l'année 2005 a été exceptionnelle [en matière de lutte contre les fraudes], nous avons atteint des taux historiquement les plus bas», souligne David Botvinik. Ensuite, sur l'année 2006, «les e-commerçants ont abaissé leurs contrôles», souligne-t-il, «ce qui leur a permis d'annuler moins de ventes et de réduire leurs coûts. La contrepartie est toutefois un taux d'impayés légèrement accru». Car la lutte contre la fraude est un assemblage de mesures qu'il faut savoir doser, entre prévention, contrôles, risques calculés et pertes assumées. Les e-commerçants disposent effectivement d'un arsenal de contrôles qui leur permet de repérer les transactions qui, statistiquement, risquent d'être des fraudes. Ils peuvent alors ensuite demander à l'acheteur différents justificatifs, au risque de le frustrer et de le voir annuler sa commande.
Des fraudeurs toujours plus rapides
Un second élément prouve que les contrôles des e-commerçants se sont assouplis: le panier moyen de la fraude atteint 462 euros, après être tombé à son niveau le plus bas en 2005, à 363 euros. Cela signifie que les vendeurs se sont moins concentrés sur les marchandises de plus faible valeur, pour détecter les fraudes, précise David Botvinik. En revanche, ce panier de fraude reste bien supérieur au panier d'achat moyen sur internet, qui atteint 90 euros. Les produits les plus convoités par les fraudeurs sont le matériel électronique (32% du montant des impayés) et l'informatique (17%). «Ce sont essentiellement des marchandises qui servent à faire du recel, qui seront rapidement écoulées auprès d'un cercle de proches ou encore aux enchères sur internet», souligne le DG de Fia Net. Le tourisme représente également 30% des impayés en 2006, essentiellement pour des achats de vols secs. Fia Net note que 62% des fraudes enregistrées sont le fait de personnes agissant en réseau, c'est-à-dire employant plusieurs identités et plusieurs adresses de livraison. En moyenne, ces réseaux utilisent six identités et sept adresses de livraison différentes pour réaliser vingt-trois transactions sur quatre sites. Et le rythme de renouvellement de ces données augmente sans cesse, rendant l'identification des fraudeurs de plus en plus compliquée: ils changent d'identité toutes les 2,52 transactions en 2006 (contre 3,59 en 2005).
Voir la source
|